mercredi 8 mai 2019

Ateliers : À la découverte de Soi...

Un cycle de quatre ateliers*, à la portée de tous :
un temps pour être à l'écoute de soi, à l'écoute de l'autre, de soi à travers les autres, dans l'ouverture à la relation.

Lors de chaque atelier, nous vous invitons à partir de propositions d'exploration et de partage à expérimenter le processus de groupe et les attitudes de l'Approche Centrée sur la Personne comme conditions facilitatrices d'épanouissement personnel et de changement.

* Chaque atelier peut être suivi indépendamment, même si le cycle complet permet d'approfondir l'expérience.



L'Approche Centrée sur la Personne - approche de psychothérapie humaniste développée par le psychologue Carl Rogers - a pour fondement la confiance dans la capacité naturelle de chaque être humain à évoluer vers son plein potentiel et à donner le meilleur de lui même, pourvu qu'il bénéficie d'un climat relationnel favorable.

Le chemin de chaque personne est unique et ne saurait être décidé par un autre. Pour autant, il est possible d'accompagner et de favoriser son déploiement par une relation de confiance authentique dans laquelle la personne se sent comprise profondément et acceptée, telle qu'elle est, là où elle en est.

Dans cette confiance nouvelle, elle devient alors capable de se comprendre, de trouver les comportements adaptés et de faire des choix en conscience de qui elle est.

S'approcher de qui nous sommes vraiment, de ce qui nous rend pleinement vivant : oser être soi même !... C'est cela que propose l'Approche Centrée sur la Personne.« Chaque individu est unique. Il détient au plus profond de lui sa propre vérité, sa vie, et le tracé potentiel de son chemin, qu'aucune science du psychisme ne peut enfermer. Il peut accéder à ses ressources s'il se sent compris, accepté, non jugé » Carl Rogers

« Il existe un curieux paradoxe : quand je m'accepte tel que je suis, alors je peux changer. » Carl Rogers


Le groupe de rencontre en Approche Centrée sur la Personne ?

Le groupe de rencontre est une entité puissante, qui démultiplie les forces en action selon un principe de synergie. Il œuvre comme un catalyseur pour approfondir la connaissance de soi à travers les relations inter-individuelles et ainsi favoriser la croissance personnelle et le changement.

C'est un espace où la confidentialité, la bienveillance, la compréhension et l'empathie constituent les clés pour être au plus près de soi, de l'autre et de la relation.

Ce climat facilite le contact intime et invite progressivement chacun à se dévoiler avec authenticité.

En tant que facilitatrices, notre rôle est de contribuer à la création d'un climat respectueux, confiant et sécurisant encourageant la liberté d'expression.

« Ce qui pousse les gens vers le groupe de rencontre, c'est une faim de relations profondes et vraies dans lesquelles les sentiments et les émotions peuvent s'exprimer spontanément sans être étouffés ou censurés." Carl Rogers

Inscription et renseignements :

Laurence Solal :
solal.laurence@gmail.com
07 81 79 97 64
www.laurence-solal.com



2 intervenantes pour 12 personnes maximum.

Les ateliers débutent à 18h30 et se clôturent à 21h30.

Tarif : 30 euros par atelier.
Si inscription pour le cycle complet : 100 € les 4 ateliers.

Les ateliers ont lieu à la Maison de Quartier des Ors, 26 rue Magnard, 26100 Romans-sur-Isère.

Vous pouvez, en cliquant ici, lire notre flyer annonçant ces évènements.

vendredi 22 février 2019

Du tout au trou au tout...


Un de mes articles préférés : j'ai toujours beaucoup de plaisir à le relire... je vous le partage.


"Très souvent, lors d’entretiens thérapeutiques ou dans des groupes de formation, des personnes dans la détresse ou dans le désespoir parlent d’aborder un lieu profond et noir au centre d’elles-mêmes. Un puits. Un trou. Un vide. Très souvent il s’agit d’un trou noir, obscur et profond. Les personnes se sentent très seules, elles ont peur. Elles sont souvent confuses, apeurées. Sans espoir et sans ressources.
On entend souvent dire : « j’entre dans un trou noir » ou « je suis au bord du précipice ». Ce processus est décrit comme un « morcellement » ou un « éclatement ». C’est un saut beaucoup trop effrayant à envisager : et si je ne pouvais plus redevenir « tout » ?


Du tout au trou au tout… (1)

J’ai découvert, pour ma part, que cette formulation ne me convient pas. Je n’entre pas dans le trou noir. Je suis ce trou noir. Je ne tombe pas en morceaux, plutôt les morceaux se détachent de moi, et ce qui me reste c’est la pure réalité, c’est le vrai moi.

Rien

Et pourtant c’est plus que Rien. Je suis plus que Rien.
Une fois, il y a bien longtemps, je suis entré dans mon trou noir. Et à l’époque, il s’agissait réellement de cette sensation-là, comme si j’entrais dans une partie de moi que je n’avais pas le souvenir d’avoir abordée auparavant, ou une partie de moi-même dont je ne m’étais pas donné la permission d’avoir conscience – du moins pleinement. On peut dire que je l’avais évitée, niée. Je suis resté dans mon lieu profond et noir pendant environ quatre jours. Cela m’a semblé une éternité ! Ce processus m’a permis de commencer à m’approprier et à devenir mon trou noir.
Comment puis-je décrire ce lieu ? Il n’y avait pas de lumière. Il n’y avait pas de chaleur. Il n’y avait pas de froid non plus. Il n’y avait pas de sons, d’odeurs, de sentiments, de pensées, de présence physique. Il n’y avait pas d’espoir. Il n’y avait rien. Il n’y avait même pas de contenant pour ce vide. C’était vraiment un lieu de solitude. Noir. Sans espoir. Seul.
Et pourtant…
Pourtant, après quatre jours d’éternité environ, j’ai eu une sensation curieuse de mouvement, d’une sorte de courant. Qu’est-ce que cela pouvait bien être ?
Je suis resté un certain temps avec ma sensation curieuse de courant, de cette sorte de flottement aussi. C’était comme si ce courant n’avait pas de direction – pourtant il s’agissait quand même bien d’un courant.
Cela me semblait important. D’une certaine manière je voulais nommer ce courant, j’en avais besoin. A l’époque, le mot le plus proche que j’ai pu trouver c’était CURIOSITÉ…
Oui, cela faisait sens. Car le jour où je perdrai ma curiosité, autant mourir. Après tout, n’est-ce pas la curiosité qui nous a amenés là où nous en sommes aujourd’hui ?
Quelque vingt-cinq ans plus tard, je lie cette sensation de courant à ma « tendance actualisante » – une impulsion innée vers le mouvement de croissance.
Après m’être senti en morceaux ou éclaté, est venu un temps où je « me ressaisis » ou « me compose » – pour préparer ma rentrée dans le monde, je suppose…
…Quelle merveilleuse et joyeuse vision fugitive de libération et de liberté :
Je peux me composer
Voilà pourquoi je ne crois pas être morcelé, ni que j’entre dans quelque chose…
Non – quand je contacte le trou noir, loin au profond de moi-même, je compose mes divers self  (2).
Bing ! V’là une construction personnelle qui lâche… Bang ! Une valorisation personnelle qui lâche ! Vlan ! Et une valeur introjectée qui lâche… Et v’là encore une défense, une barrière qui cède… Merde, où est donc passé mon p… de concept de soi ?

Je me retrouve seul avec moi-même

Cet état me semble proche de la « nausée » de Sartre. La conscience inévitable, existentielle, qu’il n’y a rien.
Pourtant…
Maintenant, j’aimerais parler des lampes.
La symbolique de la lumière semble être également inévitable, elle semble apparaître en même temps que le noir (l’absence de lumière). J’entends tellement souvent dire : « j’ai besoin d’une lampe pour me montrer le chemin » ; et on exprime si souvent le besoin que le thérapeute ou le facilitateur soit cette lampe. « J’ai désespérément besoin que quelqu’un me montre la sortie ou me guide hors de cet endroit profond, noir et effrayant. »
Ici, je repars. Je repars avec une grande joie émerveillée. Je repars avec une immense force. De vastes ressources. Si je peux être assez libre et libéré pour me composer – alors, je n’ai plus besoin de personne qui soit ma lampe rayonnante – je peux être ma propre lampe rayonnante ! Si tu veux venir chez moi et rayonner avec moi, alors c’est chouette ! Je peux aller chez toi aussi. Je sais que je peux respirer dans ton vide et que je ne serai pas perdu dans ton lieu. Je peux être une lampe quand je le veux.

Quand deux trous noirs se rentrent dedans

Alors : Être l’obscurité est en soi éclairant.
J’entends si souvent des personnes se plaindre et regretter ce qui semble être un fait, à savoir que nous ne pouvons pas nous rencontrer à des niveaux profonds ou bien que, lorsque nous y arrivons, cela ne dure pas. Je pose donc la question suivante :
Si je n’ai pas la capacité, ou la volonté, d’entrer, ou de devenir, mon propre trou noiravec une sensation de sécurité et de confort – alors, comment diable pourrais-je entrer dans le tien ?
Alors voici l’hypothèse que je propose :
Nous avons tous au centre de nous-mêmes un lieu profond et ténébreux, un lieu où je me dépouille de tous mes « self » jusqu’à ce que je reste seul avec moi.
Si mon lieu est profond, terrifiant, noir, isolé, sans espoir, plein de désespoir, effroyable, désespérément seul…
Si j’ai la sensation d’entrer en contact avec ton trou noir, avec ton lieu interne qui est profond, terrifiant, noir, isolé, sans espoir, plein de désespoir, effroyable, désespérément seul…
Ton trou noir déclenchera le trou noir à l’intérieur de moi. Si j’ai peur d’y entrer ou de devenir mon propre lieu interne, il se peut que je nie son existence. Alors je ne serai pas complètement moi quand j’essaierai de te rencontrer. Nous manquerons de profondeur. Je serai un étranger et tu te sentiras toujours aussi seul. Moi aussi.
Si je me perds dans mon propre trou noir et si mon trou noir entre en collision avec le tien… nous deviendrons un seul trou noir. Un mélange profond, terrifiant, noir, isolé, plein de désespoir, effroyable, désespérément seul…
Si je suis ta lumière rayonnante, ta lampe, si je te montre le chemin ou si je te guide, alors tu n’utilises pas tes vastes ressources intérieures… D’une certaine manière, je deviens complice de ce qui t’empêche d’être libre de te composer.
Maintenant je redéfinis mon lieu interne, mon trou noir : il s’agit d’un lieu où l’obscurité et la lumière peuvent se rencontrer et devenir indissociables. Je peux générer les ténèbres et la lumière. Je suis mes ténèbres. Je suis ma lumière. Il s’agit d’un lieu où la douleur et la joie se rencontrent et deviennent indissociables. Il s’agit d’un lieu où la douleur et la joie se rencontrent et deviennent un.
C’est mon désespoir même, l’absence totale d’espoir, qui génère un espoir énorme : étant Rien, je peux tout devenir.

Liberté et espoir : donner et recevoir

Je voudrais explorer une autre dimension de la théorie centrée sur le client – une dimension souvent, à mon sens, quelque peu négligée. Cette dimension est à la fois radicale et très excitante.
D’après la pensée centrée sur la personne, basée sur les travaux de Carl Rogers et de ses collègues, mon concept de soi est formé en fonction de mes besoins de regard positif inconditionnel et d’auto considération positive. Il arrive trop souvent que ce concept de soi bloque ma tendance actualisante et que je devienne auto actualisant.
Et il arrive trop souvent, semble-t-il, que l’Approche centrée sur la personne soit « accusée » d’être auto centrée : il s’agit de moi, moi, moi
Fichtrement égoïste.
Et pourtant la tendance actualisante, l’essence de l’être, se veut positive, allant de l’avant, constructive, coopérative, sociable, responsable et digne de confiance.
Digne de confiance.
J’ai décrit comment mon lieu interne est un lieu où les ténèbres et la lumière, où la douleur et la joie, où l’angoisse et l’espoir deviennent indissociables.
Il s’agit également d’un lieu où mes besoins d’être aimé et mes besoins d’aimer se rencontrent et deviennent un.
Il s’agit d’un lieu où la passion et la compassion deviennent un, un lieu où j’ai besoin d’aimer et être aimé. Un lieu où j’ai besoin de prendre soin et où j’ai envie qu’on prenne soin de moi. Un lieu où l’expérience de l’amour est un processus réciproque, multidirectionnel, un courant libre.
Il s’agit de mon lieu.
Il pourrait être ton lieu aussi, je le crois et je l’espère.
Amicalement
Steve Vincent"

Notes
    (1) L’original anglais a été publié dans la Newsletter du BAPCA de juin 2000. Nos remerciements vont à Steve Vincent pour nous avoir autorisés à en publier la traduction.
    (2) Le terme soi pris comme substantif étant peu usité en français nous avons choisi de conserver la forme anglaise « self ».

    Traduction :  Sandra Pedevilla
Mis en ligne sur Cairn.info le 03/03/2008

lundi 11 février 2019

Café-Psycho à Romans-sur Isère

Kézako ? 
Ni conférence, ni groupe de thérapie, le Café-Psycho est un espace de partage et d'échange, dans la convivialité, vu sous l'angle de la psychologie.

Autour d'un verre, d'un café, venez parler de vos expériences de vie et écoutez les autres, en prenant soin de ne pas juger et dans le respect de la confidentialité.
C'est l'occasion de prendre un peu de recul, d'élargir son champs de conscience, de prendre le temps d'observer ce qui se passe en soi.
C'est aussi s'ouvrir à la rencontre de l'autre, qui peut être parfois très loin de moi ou au contraire tout proche... Se laisser toucher par sa parole et la laisser résonner en moi...
Le Café-Psycho est une proposition d'écoute de soi, de l'autre et de la relation.

Qui ?
Ouvert à tou-te-s, ce temps sera animé par Caroline Gaboreau et Laurence Solal, toutes deux praticiennes en Psychothérapie (en Approche Centrée sur la Personne, selon Carl Rogers).

Où ?
Au Café La Charrette, 15 place Charles de Gaulle, 26100 Romans-sur-Isère.

Quand ?
Nous nous retrouverons environ une fois par mois, de 20h30 à 22h30-23h00.
Rencontres prévues en 2019 :

Mercredi 19 juin
Mercredi 22 mai
Vendredi 12 avril
Vendredi 8 mars

Puis, nous vous proposerons de nouvelles dates à partir de septembre...



Quoi ? 
Pour ces rencontres, différents thèmes seront proposés au fur et à mesure de nos échanges...
Juin 2019 : thème à venir...
Mai 2019 : "Vivre ses rêves ?"
Avril 2019 : "Faire Confiance ?"
Mars 2019 : "La relation de Couple ? "


Les règles du jeu ?
 Pour des débats fluides et riches, nous vous inviterons à :
• La confidentialité
• Utiliser le « je » plutôt que le « on » ou le « tu »
• Être à l’écoute, de vous-même et d’autrui, sans jugement
• Respecter la parole de l’autre sans l’interrompre


Combien ?
Participation de 5 euros + une consommation pour remercier le Café La Charrette qui nous accueille.
Entrée libre, pas de réservation.


Bienvenue à Vous !
Et si cette proposition vous touche, parlez-en autour de vous !

Des questions ?
07 81 79 97 64    ou    solal.laurence@gmail.com

dimanche 27 janvier 2019

Sur le chemin des Plantes... avec les saisons

Je vous partage ici notre programme 2019 de stages et sorties "Sur le chemin des Plantes..."

Ces stages seront co-animés avec Estelle Bridonneau (www.yuluka-plantes.com), une amie herboriste.

Au plaisir de vous accueillir pour partager ensemble notre passion du Vivant !

Écrire pour (se) dire... Ateliers d'écriture et Groupe de parole

C'est avec Joie que je vous présente notre programme 2019 d'Ateliers d'Écriture et Groupe de Parole.

Ces ateliers seront co-animés avec Mélanie Recollin-Bellon, animatrice d'ateliers d'écriture.

Afin d'en savoir plus sur cette belle proposition, je vous invite à consulter notre programme en ligne en cliquant ici.

Au plaisir de partager ce temps avec vous !

mercredi 23 janvier 2019

Écoute et Communication - Partie 1 : De l'écoute de soi...

Sollicitée par un collège à Châteauneuf-de-Galaure, dans notre Drôme des Collines je vous partage ici la trame de cette intervention faite hier (50 min, c'est très court !!) auprès d'un classe de 3ème :

 Cette intervention est la première partie d'un cycle de 3 (3 fois 50 min, c'est court, mais c'est déjà ça !) :
- L'écoute de soi
- L'écoute de l'autre
- Initiation à la Communication Non-Violente 

De l'écoute de soi...


À l'adolescence, j'étais introvertie et pas très bien dans mes baskets. Moyennement douée à l'école, pas douée en sport, pas douée pour les relations amoureuses, des copines, j'en avais oui, mais je ne me sentais pas très en lien avec elles, toujours un peu à part... je traversais des difficultés familiales, mais je n'osais pas en parler... Je prenais beaucoup sur moi. J'étais sur la défensive quand quelqu'un cherchait à en savoir plus sur moi... Je n'ai pas « subie » de violences de la part de mes camarades de classe... quoique, quelques moqueries tout de même, qui m'ont marquée... j'étais pas complètement exclue... mais pas non plus vraiment inclus... entre deux mondes : le mien, intérieur et silencieux, et le monde extérieur, mystérieux et bruyant...

Je ne savais pas communiquer, dire ce que je vivais (et je n'en étais même pas consciente !) … et donc la communication avec les autres était très difficile, limitée... Ne pouvant pas parler de moi, je me sentais coupée des autres...
Les premiers livres de développement personnel que j'ai découvert (vers 20 ans) ont été « Les Hommes viennent de Mars, les Femmes viennent de Vénus » de John Gray (offert par mes ami-e-s, pour mes 19 ans, certainement parce qu'ils-elles étaient témoins de mon désarroi dans les relations amoureuses ;-) !)   puis « L'intelligence du cœur » d'Isabelle Filliozat. Peu après, j'ai découvert la Communication Non-Violente (CNV) de Marshall Rosenberg, vulgarisée en francophonie par Thomas d'Ansembourg, et son best-seller « Cessez d'être gentil, soyez vrai ! »... Ces livres m'ont permis de commencer une "bibliothérapie" (qui depuis n'a jamais cessé !).
Je réalisais alors combien j'avais le sentiment de découvrir quelque chose qui était bien là en moi, mais dont je n'avais pas vraiment conscience : mon monde émotionnel !

Lorsque j'ai "découvert" ou plutôt pris conscience de mon monde émotionnel, j'ai eu la sensation découvrir une Terre Incognita en moi ! C'était très enrichissant, merveilleux (je suis de nature très curieuse)... mais aussi parfois effrayant, voire violent...
Vécu familial rempli de silence, de non-dits et de secrets... donc, mal-entendus, malaises dans les relations... Reproches, jugements, pas de compliments ni d'encouragements...
Tout cela a entrainé beaucoup de violence en moi : une violence intériorisée et non-consciente.
Difficile de communiquer dans ces conditions...

Notre communication est malheureusement très souvent troublée par des mal-entendus, des non-dits, des évaluations, des jugements...
La Communication Non-Violente est un outil qui peut bien souvent aider à améliorer la qualité de nos échanges.

L'Écoute (empathique) et la bienveillance sont le cœur, l'âme, de la CNV.
Je vais vous inviter, lors de cette heure, à plonger en vous et à contacter votre intimité. Et, éventuellement, partager ce que vous voulez/pouvez. Je vous invite à respecter la confidentialité de ce qui sera dit/partagé ici. Nous n'en reparlerons pas en dehors de cet espace.  Cette confidentialité est indispensable pour permettre à chacun-e de se sentir libre de vivre pleinement et profondément son expérience.
Je vais vous proposer de faire des petits exercices... que vous êtes libres de faire... ou pas ! Soyez à l'écoute de vous !


Quelques définitions...

Pour commencer, quelques questions :
-Qu'est ce qu'une émotion ? Qu'est ce qu'un sentiment ?
-À quoi ça sert ?
-Des exemples ?

Émotion (du latin motio = action de mouvoir, mouvement) : réaction (donc involontaire) psychologique et physiologique (complexe et intense) à une situation.
Elle est provoquée par la confrontation à une situation et à une interprétation de la réalité.
Elle a d'abord une manifestation interne et génère une réaction extérieure.
Exp : je vois (suis confrontée à) un chien qui aboie et qui me montre ses crocs (=cause extérieure), j'interprète cela comme une attaque de la part de ce chien. Je sens mon cœur qui bat et j'ai chaud (manifestation interne)... conséquence : je crie et je pars en courant (réaction extérieure) = l'émotion ressentie est... ? = la PEUR.

L'émotion est différente d'une sensation = qui est directement associée à la perception sensorielle, C'est uniquement physique (pas psychologique).
Attention : la sensation n'est pas une émotion, mais les émotions sont composées +/- de sensations physiques
Exp : je touche le poêle, c'est chaud, je retire ma main par réflexe (physique).
Je parle en public... j'ai la sensation de chaleur (et le sentiment de gène... voire honte).
Exp d'émotions : Joie, tristesse, colère, peur, anticipation, confiance, dégout, surprise... 
Les animaux sont aussi traversés par des émotions... (elles sont d'ailleurs, il me semble, plus libres et plus exprimées chez eux, ils ne les refoulent pas !)

Roue des émotions de Plutchik :




Sentiment = C'est la composante de l'émotion qui implique les fonctions cognitives de l'organisme, la manière d'apprécier. Il y a une prise de conscience de l'émotion et une « élaboration consciente » de cette dernière. Le sentiment est physiquement moins intense et n'entraine pas de manifestation réactionnelle, toutefois, une accumulation de sentiments peut générer des états émotionnels (exp : burn out). Un sentiment perdure plus longtemps (qu'une émotion), donc nous en prenons conscience (et nous pouvons agir – et non réagir – en conséquence).

Exp de sentiments : comment vous sentez-vous, là, dans l'instant ? Je vous invite à fermer les yeux et à prendre conscience du/des sentiment-s qui vous traversent …
30 sec … Voulez-vous partager ?
exp : calme, détendu, tendu, attentif, distrait, déprimé, hors de moi, nerveux, qui en a marre...

L'émotion est inconsciente et nous pousse à réagir ; le sentiment est conscient et nous pouvons alors choisir, ou non, d'agir.
"Ne pas réagir, mais agir" est une des petites phrases que je me répète régulièrement.

À l'écoute de soi... 

Nous commencerons par l'écoute de soi... car comment puis-je être pleinement à l'écoute de l'autre si je ne sais pas m'écouter ?
Comment puis pleinement accepter l'autre si je ne m'accepte pas moi-même ? 
Comment puis-je aimer l'autre, si je ne m'aime pas ? 
Un "sage" nous a dit il y a 2000 ans "Aime ton prochain comme toi-même" : pour être pleinement disponible pour l'autre, je dois avant tout être pleinement disponible pour moi.
Non, s'écouter n'est pas égoïste ni nombriliste... c'est indispensable pour accueillir son prochain dans une relation de qualité, une relation vraie ("Amour et Vérité se rencontrent, Justice et Paix s'embrassent" Ps 84, 11).

(Je me permets des références chrétiennes, car elles font partie de ma culture, et que je fais cette intervention dans un collège catholique privé sous contrat.)
Nos émotions et nos sentiments nous traversent en permanence, ils sont la conséquence de notre contact, plus ou moins conscient, à notre environnement... et tout particulièrement lors nous sommes en interaction avec quelqu'un, c'est sur cela que nous allons nous pencher.

Les émotions/sentiments ne sont ni positifs, ni négatifs : ils sont, tout simplement. 
Ils nous renseignent sur ce qui se passe en nous, sur ce qui nous habitent. 
Ils sont toujours pertinents et toujours bienvenus.

Les sentiments agréables nous renseignent sur nos besoins satisfaits.
Les sentiments désagréables nous renseignent sur nos besoins insatisfaits. 

Généralement, les sentiments agréables sont associés à des sensations physiques de chaleur douce, de détente et de dilatation. 
Les sentiments désagréables sont associés à des sensations physiques de froid (ou de grosse chaleur : comme lorsque l'on est en colère), de tension et de contraction. 
À chacun-e d' "écouter" finement son corps et ses manifestations physiques ressenties dans telle ou telle situation, agréable ou désagréable. Se connaître passe par apprendre à connaître son corps et ses réactions propres.

Les sentiments sont souvent nombreux à cohabiter, et bien souvent des sentiments contradictoires sont éprouvés au même moment.

Les sentiments nous "parlent" de nos besoins.  Mais qu'est-ce qu'un besoin ?
Le besoin est général, universel et profond : nous avons tous les mêmes besoins, et lorsque nous reconnaissons et exprimons notre (vrai) besoin, l'autre peut me comprendre (car il connait aussi ce besoin, même s'il n'a pas pour lui forcément la même intensité).
Ce n'est pas un objet, une personne, une situation ou une action. 
Exp : besoins de respirer, de s'alimenter, de partage, d'amour, de relation, de paix, d'unité, de créer, etc...
Nous approfondirons cette notion de besoin dans la session consacrée à la CNV.




Je vous invite à fermer les yeux et de prendre conscience des sentiments agréables qui vous traversent, de les ressentir pleinement, de les « goûter »...
Il y en a pleins... même si à première vue, vous ne les voyez pas : vous avez un toit sur la tête, vous avez mangé ce midi, vous respirez facilement, vous êtes au chaud... vous êtes, il me semble, ici de votre plein gré, etc...
Vous pouvez les noter (30 sec).
Et je vous invite à faire le lien entre vos sentiments (agréables) et vos besoins (satisfaits) ... et à les noter (1min).

Je vous invite vraiment à prendre le temps de gouter ces sentiments agréables, ces besoins satisfaits.
C'est important d'être conscient de cela. De cet instant. Cela permet de mémoriser ces instants agréables dans son corps. Et de les reproduire si besoin.

Et cela permet d'accueillir plus facilement nos sentiments désagréables et nos besoins insatisfaits.

Je vous invite alors à prendre conscience de vos sentiments désagréables... il y en a certainement quelques uns : un désaccord avec quelqu'un, un sentiment de mal-être dans une situation familiale ou relationnelle ces derniers jours... ou il y a quelques temps... ce qui vous vient à l'esprit... (20 sec) Vous pouvez noter ces sentiments désagréables... (30 sec)
Et je vous invite à faire le lien entre vos sentiments (désagréables) et vos besoins (insatisfaits)... vous pouvez noter ces besoins insatisfaits.

Et maintenant, comment vous sentez-vous, là, lorsque vous prenez le temps de vérifier comment vous vous sentez ?

Ce petit exercice, appris auprès de Thomas d'Ansembourg, est le « radar intérieur ».
En résumé :
-Quels sont les sentiments agréables qui m'habitent ? Et les besoins satisfaits ?
-Quels sont les sentiments désagréables qui m'habitent ? Et les besoins insatisfaits ?
-Comment je me sens quand je prends le temps de vérifier comment je me sens ? Quels sont les besoins (in)satisfaits ?

Thomas nous invite à utiliser cet exercice aussi souvent que nécessaire... au début, c'est un peu « mécanique »... mais au fil du temps, cela devient automatique. Et nous permet d'être de plus en plus conscient, à chaque instant, de notre état intérieur. Et ainsi d'être plus à l'écoute de soi... et plus juste/vrai avec soi... et avec les autres.

Il est indispensable, afin de mieux communiquer, de développer son vocabulaire émotionnel. Vous trouverez (sur Internet ou dans des livres) de nombreuses listes d'émotions et/ou sentiments, en voici quelques exemples (choix non exhaustif ! Il existe toute une palette infinie d'émotions, à différents degrés, il n'y pas de liste "officielle"... à vous de vous familiariser ce vocabulaire et de développer le vôtre) :





Je vous invite, afin de développer cette capacité à ressentir - et exprimer - votre ressenti, à mettre en place au quotidien (matin ou soir), un temps d'écoute de soi et d'écriture (journal intime) afin de conscientiser (prise de recul, mise à distance...) votre vécu.

D'ailleurs, je vous recommande vivement, afin de parfaire votre connaissance de soi, l'utilisation du journal intime... précieux et puissant !
Petite chronique sur FranceInter de Christophe André sur le journal intime :



Voilà pour aujourd'hui... 
En développant, petit à petit, l'écoute de soi (par une écoute fine de nos sensations physiques et psychologiques) et l'expression de soi (grâce à un vocabulaire émotionnel riche), nous sommes petit à petit de plus en plus sensibles à ce qu'il se passe chez l'autre, et nous développons une meilleure compréhension de l'autre... Peu à peu notre qualité de communication s'affine et nos relations aux autres sont facilitées.
Nous verrons la prochaine fois, en mars, comment améliorer notre écoute de l'autre et nous aborderons la Communication Non-Violente. 

D'ici là, tout de bon pour chacun-e et prenez soin de vous !